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A l'eau, matelot ! Et même en état grippal. [MISSION Rang B][TERMINEE]

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 A l'eau, matelot ! Et même en état grippal. [MISSION Rang B][TERMINEE]

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Juunin d'Iwa - Iryô-Nin

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MessageSujet: A l'eau, matelot ! Et même en état grippal. [MISSION Rang B][TERMINEE]   Sam 11 Avr - 23:42

Do you see the sea ? It calls me... The wind too.
CHAPITRE I : L'appel du devoir



Le petit matin venait de faire son entrée dans cette voute céleste d’un bleu presque azur, lorsque les premiers Shinobis firent leur entrée furtive au sein du village de Kumo. Ils passèrent rapidement les strictes contrôles des gardiens, avant de se diriger assurément vers la tour du Raikage. Une fois que leur rapport à l’oral parvint à satisfaire les oreilles attentives du grand chef, ces valeureux combattants purent  profiter d’une distraction méritée  dans l’une des tavernes du quartier nord. Si ces messieurs pouvaient se permettre d’être apaisés par le sentiment du travail terminé en beauté, d’autres ne tarderaient pas à reprendre le flambeau. Kumogakure semblait ne jamais chômer, ni s’épuiser. Quasiment d’heure en heure, on pouvait compter de nombreux aller-retour entre les Ninjas qui s’en allaient à l’extérieur, et ceux qui rentraient, généralement nécessiteux d’une bonne séance de détente.

Pour ce qui était d’Endô Megumi, la journée serait loin d’être aussi amusante qu’elle ne l’estimait. Après s’être levée tôt pour faire ses commissions de la semaine, elle espérait bien pouvoir profiter de son après-midi pour faire un petit tour chez des amis. Cela faisait déjà quelques jours qu’elle était en congé pour un état grippal particulièrement ennuyant, et aujourd’hui était le dernier jour de son traitement. Son teint pâle avait désormais repris ses couleurs, et jamais elle n’avait tant appréciée la brise matinale que depuis l’instant où elle fut contrainte d’être en permanence couchée dans son alcôve. Ce rhume infernal et cette toux sèche incessante lui avait valu une humeur acariâtre très pénible à supporter pour sa sœur jumelle. Fort heureusement, la présence de la rose épineuse ne serait plus un dérangement pour longtemps.  En effet, aux abords de dix-heures, un volatile messager parvint jusqu’à la fenêtre de leur cuisine pour leur apporter un message en provenance du Raikage en personne. Ayami fut la première à découvrir le contenu de cette lettre, souriant de plus en plus au fil de cette lecture. Elle ne tarda pas à faire connaître la nouvelle à sa sœur, considérant intérieurement cela comme l’opportunité de se débarrasser de cette malade particulièrement insupportable.

« Réveille-toi. Tu dois voir notre Raikage en personne, déclara la voix traînante de la blonde.

Mmh, tu m’embêtes… Laisse-moi dormir…»

Toutefois, geindre ne servait à rien face à une Ayami très obstinée. Elle parvint finalement à trouver la motivation de se lever, les yeux encore plissés.  Se préparer ne lui prit alors pas plus de temps qu’à l’accoutumée, Megumi commençant petit à petit à ressentir le besoin vital de sortir de son lit. Après avoir avalé son déjeuner d’une seule traite, accompli sa toilette, et s’être vêtue de ses vêtements de Kunoïchi, la belle se rendit au beau milieu de sa rue. Le temps était plutôt doux, et elle ne put s’empêcher de sourire par la chaleur agréable qui émanait des rayons solaires. A cette heure-ci, la plupart des rues étaient encore désertes et, ce fut donc avec un optimisme renaissant qu’elle décida de profiter d’une petite marche paisible avant d’affronter le vrai problème de la journée.

Lorsque le regard du Godaime Raikage se posa sur elle, notre héroïne crut ne pas réussir à contenir la petite chaleur qui faisait parfois rosir ses joues. Elle restait debout, d’une allure fière et droite, sans pour autant parvenir à lutter intérieurement contre les sensations étranges qu’elle ressentait à proximité de Darui. Elle l’admirait autant qu’elle le trouvait terriblement viril et attirant. Cela ne l’empêcha cependant pas de rester attentive aux consignes de la mission qu’il était sur le point de lui confier. La tâche serait assez sérieuse pour être étiquetée comme étant une besogne de rang B. Il s’agissait d’une mission de transportation durant laquelle Megumi serait chargée de la livraison d’une cargaison de minerais jusqu’au village d’Iwa. Le Raikage insista sur l’importance de celle-ci, précisant clairement qu’il était question de nouer encore davantage les liens de l’Alliance.  Il termina la conversation en lui faisant noter qu’il était essentiel de protéger cette livraison face aux potentiels événements inopinés.

Aussitôt qu’elle le put, Megumi se volatilisa du bureau aussi rapidement qu’un oiseau. En parvenant jusqu’aux grandes portes qui offraient l’accès à la ville, la Juunin croisa la route de sa meilleure amie  nommée Hajime Zanshi.

« Je vois que tu es en mission. Evite de crever, sinon je devrais m’ennuyer à chercher un autre bouc émissaire. » déclara-t-elle, avec un sarcasme bien perceptible dans le timbre de sa voix.

« Je sais à quel point ma personne est si importante pour la brave bête que  t’es ! T’en fais pas,  je vais revenir et je compte sur toi pour cirer mes escarpins  durant mon absence, Zan-chan ! » répondit la jeune femme à la chevelure rose, décidée à lui rendre le même ton cynique.

Traîner inutilement dans le quartier ne faisant pas partie de ses habitudes lors d’une mission, elle sortit rapidement par l’Ouest, en direction d’une zone où les forêts étaient plus denses. Sa route s’avérerait très longue, et cela ne l’arrangeait pas vraiment d’être encore victime d’une toux et d’un petit rhume qui survivaient encore au sein de son corps. Evidemment, ces dérangements ne la perturberait nullement en combat, mais sortir un mouchoir fréquemment se révélait être assez incommodant. Une journée de marche l’attendait, après tout, avant de parvenir jusqu’au port du pays de la foudre. La cargaison de minerais l’attendait au cœur d’un grand bateau de transport, et elle trépidait d’impatience à l’idée de pouvoir s’installer tranquillement sur la mer.  Cela était préférable à une course incessante au beau milieu de ces arbres, et de ces décors rocheux aussi déserts que quatre-vingt pour cent du pays du Vent. Parfois, il lui arrivait de croiser quelques patrouilles ici et là, mais la fréquence de ces rencontres semblait se faire de plus en plus rare au fil de son avancée. Maintenant une petite dose de chakra sous ses pieds, la rose épineuse circula d’arbre en arbre avec une détermination sans failles perceptible dans son regard pétillant. Cela faisait longtemps qu’elle n’avait pas vécu un peu d’action, et cette possibilité de se dégourdir un peu les pattes après une mauvaise passe lui plaisait que tout. Evidemment, il ne s’agissait que du début d’une folle aventure qui s’étendrait indubitablement sur un peu plus d’une dizaine de jours. Iwa n’était pas une contrée très proche de Kumo, et la carte indiquait qu’il était fortement probable que le bateau  fasse une escale au pays des cascades.

Vers dix-huit heures, la jeune demoiselle posa les pieds à l’entrée d’un des ports principaux de Kumo. Le coucher du soleil signa le début du règne de la nuit, conduisant la plupart du personnel à quitter les lieux pour rejoindre le village voisin. Seuls les gardiens veillaient encore sur les différents bateaux présents. Un vent frais du nord ne tarda pas à tous les accueillir, faisant frémir la chevelure soyeuse de notre Kunoïchi qui ne s’attarda pas plus longtemps sur l’observation des plages. En compagnie d’Ayami et ses parents, elle s’y était rendue bien de nombreuses fois et c’était en partie pour cette raison qu’elle connaissait le chemin par cœur.

Se présenter aux marins ne fut pas une affaire difficile : on lui permet de monter à bord, après que le personnel ait contrôlé une énième fois la cargaison. De l’extérieur, il ne s’agissait que de massifs conteneurs de couleur cuivrée. De simples ignorants penseraient que la charge se constituerait majoritairement de produits agroalimentaires, ou du textile. Toutefois, à l’intérieur, la richesse était bien plus abondante que cela. En effet, il s’agissait bel et bien du minerai destiné à être livré à Iwa, et qui leur servirait à développer leurs infrastructures ainsi que leur technologie. Dans un bref instant de réflexion, alors que le vent se mit à frapper plus violemment contre sa peau, la jeune femme se demanda s’il resterait assez de fonds à Iwa pour faire vivre ses habitants. Un sourire espiègle aux lèvres, elle se rappela à quel point les prix relatifs de Kumo s’avéraient bien plus élevés qu’ailleurs.

Quand l’intrépide pénétra dans la cabine qui lui était dédiée, elle prit le temps d’y ranger ses affaires de manière désordonnée. Si sa sœur assistait à cette scène, peut-être qu’elle oserait lui hurler à quel point le sens des responsabilités lui manquait. Mais cela lui était bien égal, tant qu’elle parvenait à trouver un repère à son bric-à-brac empilé. De plus, elle ne comptait sûrement pas passer son début de soirée enfermée dans une dizaine de mètres carré.

Emballée par l’idée de pouvoir contempler la mer tout autour de soi à la tombée de la nuit, la rose épineuse obtint l’autorisation de pouvoir sortir sur la terrasse. Elle s’était au préalable délectée d’un bon dîner chaud et consistant, avant de terminer une boite entière de muffins à la framboise. Ce fut donc tout à fait repue qu’elle alla se rafraîchir ailleurs. Toujours aussi frappée par un vent orageux, ses cheveux renoncèrent à leur liberté pour finir enchaînés par un épais élastique. Admirer les premières étoiles du ciel lui procura un sentiment d’allégresse et bien apaisante. Elle espérait que cette fameuse mission se déroulerait d’une manière peu ennuyeuse, n’aimant visiblement pas vraiment les routines. Au fond d’elle, il était clair qu’elle ne refusait pas un peu d’action, quitte à devoir participer à une baston de marins enragés. En effet, ce soir se déroulait une partie de Poker entre certains membres du personnel et si Megumi avait décliné l’invitation, elle ne nia guère que  cette proposition aurait pu lui nourrir  les yeux de choses bonnes et frétillantes. Elle préféra, pour l’heure, passer du temps tranquillement dehors en supportant la froideur nocturne. Ce n’était la plus idéale des intentions, puisqu’elle finit par éternuer trois fois de suite avant de parvenir à sortir un épais mouchoir de sa poche intérieure. Décidément, cette grippe était toujours présente.

Mission:
 


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Dernière édition par Endô Megumi le Mer 29 Avr - 17:35, édité 5 fois
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Juunin d'Iwa - Iryô-Nin

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MessageSujet: Re: A l'eau, matelot ! Et même en état grippal. [MISSION Rang B][TERMINEE]   Lun 13 Avr - 6:51

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CHAPITRE II : Une traversée monotone



Le lendemain matin aux abords de dix-heures, l’esprit de Megumi cessa d’être engourdi par ses nombreux rêves. S’étirant tel un chat, elle semblait avoir été sujet d’un sommeil bien réparateur. Cette nuit, rien de bien turbulent ne lui avait permis de se dégourdir un peu les membres et malgré les quelques perturbations météorologiques qui avaient fait surgir un début de tempête, le bateau avait tenu le coup. Après s’être entièrement préparée en passant par une toilette effectuée dans une salle de bain minuscule, la belle fut prête à rejoindre ses nouveaux amis les marins. Ils lui avaient donnée une bonne somme de Ryos pour avoir remporté une partie de Poker vers une heure du matin, et elle n’oubliait jamais le bonheur que procurait l’augmentation de son porte-monnaie.

Se glissant dans une des salles extérieures qui faisait guise de restaurant, elle salua le personnel déjà présent. Occupés à calculer un changement de cap de dernière minute en raison de la présence d’un navire à quelques nœuds, ils ne paraissaient pas s’être directement aperçus de la présence de la Kunoïchi.

« Eh les gars ! On arrive quand au pays de la Terre ? » lança-t-elle, avec une curiosité non dissimulée.
Son approche assurée en fit sourire un.

« Pas avant quelques jours. D’ici demain soir, nous devrons faire une escale au pays de la Cascade et nous y installer pour la soirée. »

Megumi haussa les épaules : cela lui était tout à fait égal tant qu’elle ne s’ennuyait pas comme un rat mort éternellement. Elle ne se souvint pas d’avoir été une seule fois au pays de la Cascade, alors cette découverte ne pouvait que lui être bénéfique.

« Très bien, je me doutais que la traversée ne serait pas directe. »

Malheureusement, ce qu’elle craignit le plus ne tarda pas à la faire grincer des dents. Si aucun groupe de pirates ne traînait à proximité de leur itinéraire, la lassitude s’installa néanmoins promptement autour d’elle. Mis à part les jeux de cartes ou encore le seul billard commun, il n’y avait pas grand-chose à faire pour ne pas voir l’après-midi passer en lenteur. Plusieurs fois, on put la surprendre en train de soupirer d’harassement comme si elle avait labouré toute la journée, alors qu’en vérité elle mourrait d’ennui. Observer les mers défiler au rythme du bateau ne s’avéra plus être le plus distrayant des spectacles, et même l’inspiration lui manquait lorsqu’elle décida d’entamer l’écriture de son rapport de mission. Quelques fois, elle s’étonna à se retrouver en train de feuilleter quelques magazines stupides de Ninjas, au sujet de la manière la plus adaptée de manger équilibré. Toute personne connaissant Megumi devait savoir qu’elle mangeait tout et n’importe quoi, et que le sport était son secret pour maintenir sa forme. D’ailleurs, lorsque dix-huit sonna, elle s’empressa de quitter ces pitoyables lectures pour se remplir la panse.

Les généreuses provisions de cette compagnie avaient de quoi satisfaire ses royales papilles, et elle s’engagea sans hésiter dans un concours de nourriture face à l’un des marins plutôt gourmands. La jeune fille prouva son penchant pour la gastronomie en avalant d’une traite tout ce qui lui passait par les doigts. Remportant une énième victoire, ce fut d’un air déçu que le perdant lui permit d’enrichir bien plus ses fonds monétaires. Personne ne pouvait vaincre Megumi à un concours de nourriture ; son ventre contenait une réserve bien plus importante que la normalité et ce, quand bien même elle possédait une fine silhouette. Le tintement de ces nombreuses pièces dans son porte-monnaie la fit plus sourire qu’autre chose, et ce fut dans la bonne humeur qu’elle prêta une oreille attentive à ces hommes qui se remémoraient de leurs débuts en mer. La plupart d’entre eux vouait cette dévotion aux traversées à leurs aînés, qui leur avaient transmis cette passion. Sur les dernières paroles du plus âgé de cette expédition, notre rose épineuse s’endormit calmement sur sa chaise, la tête contre la table. Étrangement, elle s’était sentie bien plus exténuée que d’habitude. Sans doute un effet de grippe. Ce fut, en plus, en laissant trois ou quatre mouchoirs usés à proximité qu’elle quitta le monde réel pour se reposer dans les bras de Morphée.

 Ce même homme la relâcha au bout de douze heures de sommeil bien méritées, durant lesquelles son cerveau put se ragaillardir. Midi avait sorti le bout de son nez par un glorieux zénith flamboyant, et la belle fut contrainte d’attendre un petit peu avant d’engloutir son repas. Ce dernier jour en bateau avant l’escale l’excita bien plus que la veille. Dans la hâte de poser les pieds sur la terre ferme, elle tentait de s’imaginer quels types de paysages enjolivaient le pays de la Cascade. Son imagination la laissait penser qu’il devait s’agir d’un décor forestier avec de multitudes de grandes cascades, surmontées de soleil et d’arc-en-ciel. Peut-être même qu’un petit peuple primitif et sauvage y vivait ? Elle s’en exalta d’avance et, dans un enthousiasme inébranlable, la Juunin fut motivée à aider une partie de l’équipe à nettoyer certaines cabines. Cela lui permit de faire rapidement défiler deux petites heures, après lesquelles elle se permit de bronzer à la lumière naturelle avec ses affaires de rechange. La température était bien plus agréable que dans son pays natal, et elle espérait bien prendre plus de couleurs pour laisser sa pâleur génétique de côté. Le teint basané de la plupart des Kumojin l’avait toujours rendue envieuse, mais elle parvenait rarement à conserver son bronzage plus de deux mois.

Au bout de trois heures à l’exposition du soleil, la jeune femme rentra dans sa cabine en se procurant trois sandwichs bourratifs au passage. Souhaitant manger dans le plus grand calme, elle s’enferma dans sa propre bulle tout en fredonnant quelques airs qui ressemblaient mystérieusement à la musique de Killer Bee. Décidée à prendre son temps pour apprécier la saveur de ces mets, elle occupa son cerveau à la lecture d’un ouvrage prêté par le capitaine du bateau. Cela traitait des différentes expéditions en mer depuis des décennies, ainsi que de nombreuses légendes de pirates shinobis. Quoi qu’il en soit, cela était beaucoup plus intéressant que de se fatiguer le crâne à lire les âneries des magazines. Plongée au cœur de ces écrits relevant de faits réels, la jeune Endô perdit rapidement la notion du temps. Quand vint l’achèvement du troisième chapitre, une petite sirène retentit. Ce son strident fut accompagné de la grosse voix du capitaine, qui prévint les voyageurs de leur arrivée imminente sur la terre ferme. Sourire aux lèvres, la Kumojin referma son livre et le garda sur elle pour le rendre à son propriétaire.


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Dernière édition par Endô Megumi le Ven 17 Avr - 13:36, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: A l'eau, matelot ! Et même en état grippal. [MISSION Rang B][TERMINEE]   Ven 17 Avr - 13:35

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CHAPITRE III : Les batailles pétillent durant la nuit



Megumi eut la permission de sortir du bateau avant le restant du personnel. Retrouver la terre ferme sans craindre que la mer ne fasse tanguer le sol lui procura un bon sentiment de soulagement. Elle n’était pas spécialement sujet à des maux de mer, mais elle se sentait bien plus à l’aise lorsqu’elle savait que ses pieds touchaient un véritable sol. Elle inspira profondément l’air du pays de la Cascade, et ne tarda pas à laisser sa curiosité observer tout ce qui se situait aux alentours. Jamais elle n’était venue ici, alors elle cherchait à  percevoir tout ce qui pouvait être différent de la contrée de la Foudre. Tout d’abord, ses yeux de faucon balayèrent les collines au loin à la recherche de ces fameuses cascades, mais le voile nocturne du soir brouillait malheureusement sa vue. Elle crut néanmoins entendre un écoulement d’eau lointain, ce qui lui étira un fin sourire. Si l’escale pouvait durer un peu plus d’une journée, peut-être qu’elle aurait pris le temps de se baigner dans l’eau. Hélas, elle eut  plutôt le pressentiment qu’elle retrouverait les joies de la mer d’ici une ou deux heures du matin.  Il ne leur fallait pas trente ans pour remplir le réservoir de carburant, faire le plein en provisions alimentaires, et organiser les équipes de nuit.

En attendant, la Kunoïchi avait quartier libre et quand bien même les magasins à proximité étaient fermés, un restaurant accueillait encore les visiteurs jusque vingt-trois heures. L’appel de la faim interpella la jeune femme qui ne s’était finalement pas satisfaite de ses sandwichs. Son grand estomac nécessitait encore une ou deux choses pour être rempli. Une fois que ce serait le cas, alors la belle serait de meilleure humeur. Lorsqu’elle s’installa à une des tables du fond, Megumi ne put s’empêcher de dévisager les autres clients présents. Cela lui permettait d’oublier les plaintes de son ventre, et également de tenter de savoir pourquoi certains visages lui semblaient bien antipathiques. Un groupe de trois hommes situé près de la fenêtre avait déjà entamé leur repas.  A voix basse, ils discutaient de choses que notre rose épineuse ne pouvait entendre, mais ils avaient le regard rivé vers le bateau transporteur de minerais. Il s’agissait peut-être d’une simple curiosité de leur part, toutefois, la Kumojin avait toujours appris à se méfier des présences un peu trop déterminées. Ils chuchotaient des mots inaudibles, tout en ne quittant pas la navette du regard. Ce ne fut qu’au bout de cinq minutes qu’ils décidèrent enfin  de manger leur dessert, tout en discutant de sport de vive voix. Pendant ce temps, la jeune femme profita de sa délectable commande fraichement arrivée.

Le ventre plein et satisfait de la qualité de la cuisine,  la Juunin finit par sortir du restaurant avec la simple idée d’aller explorer les lieux. Les hommes qu’elle avait aperçus  un peu plus tôt était reparti de l’autre côté du port, certainement pour regagner leur  propre bateau. Les touristes qui se rendaient dans de multiples destinations étaient tous présents dans certains points de rencontre. Ils attendaient patiemment leur prochain départ, tout en riant devant une bonne bouteille de Sake. Si elle l’avait pu, Megumi se serait sûrement jointe à la  partie, mais elle se devait de rester sobre pour maîtriser les situations imprévues. Ainsi, elle passa une bonne vingtaine de minutes à remonter doucement un sentier abrupt, surmonté d’arbres fiers et robustes . On lui avait demandé de ne pas trop s’éloigner du port, mais  c’était sans doute trop en demander à son côté aventurier.   En chemin, elle découvrit toute une variété de champignons étranges, connus seulement dans les ouvrages qu’elle avait pu feuilleter à l’école. Certains étaient hallucinogènes, et d’autres procuraient de très bonnes vertus.  La découverte de cette région du monde  devait certainement constituer une certaine richesse à exploiter. Peu de  personnes vivait à proximité du port puisque lui-même était éloigné de leur village caché. On ne pouvait d’ailleurs pas dire que ce même village était si peuplé que cela.  En tout cas, leur situation géographique forçait au moins les touristes à devoir s’y intéresser un minimum puisqu’on y faisait certaines escales entre l’Ouest et l’Est.

Parvenue jusqu’en haut d’une falaise, la Kumojin se sentit enveloppée d’une allégresse bien plaisante. Elle aimait être en hauteur pour dominer les paysages, et elle avait même l’impression d’avoir le contrôle sur tout ce qu’elle pouvait surplomber.  Non loin de là, son bateau était visible avec deux marins à l’entrée qui semblaient se parler. Le restant de l’équipe était certainement en train de régler leurs affaires à l’intérieur de leur petite base de contrôle.   Profitant de cette atmosphère calme et paisible, la Kunoïchi s’assit au sol, les pieds dans la vide. Cela faisait bien un petit moment qu’elle n’avait pas autant bougé et, cela lui faisait le plus grand bien.  La traversée en mer lui avait permis d’oublier son état grippal, et désormais, elle avait l’impression que sa toux sèche disparaissait de plus en plus. Ne restait plus que cet abominable rhume qui bouchait ses conduits nasaux. Pour l’heure,  elle ne s’en inquiéta pas ; la fraîcheur de la nuit l’aidait pleinement à respirer convenablement et, elle regretta presque le fait de devoir repartir tant elle était bien installée sur sa falaise.

Pendant plus d’une quinzaine de minutes, elle demeura dans la même position en observant les jolies plages qui contournaient la mer.  Suivre le mouvement de l’eau  des yeux, tout en laissant ses oreilles se bercer dans le bruit de ces vagues lui permit de se détendre presque autant qu’en écoutant un single de Killer Bee.  Elle fut sur le point de refermer doucement ses paupières pour se laisser envahir par son propre apaisement, lorsque des mouvements  -  en provenance de son bateau - n’échappa pas à la vigilance de ses pupilles. Trois silhouettes plutôt rapides contournaient les différents conteneurs de minerais de manière bien furtive. Heureusement que les différentes lumières du port permettait de pouvoir les discerner un peu. Megumi s’avéra suffisamment  concentrée pour deviner qu’il ne s’agissait pas de ses amis marins.  Dans la méfiance absolue, elle ne tarda pas à user de ses habilités de Shinobi pour glisser le long de la falaise en alliant chakra et agilité.  De manière toute aussi discrète que ses cibles, elle traversa une petite partie de la plage à haute allure. Le but était de pouvoir surprendre ces individus inconnus dans ce qu’ils entreprenaient de faire.  La belle se doutait fort bien que les hommes du restaurant n’étaient finalement pas repartis de là où ils provenaient. Aussi, elle pesta contre elle-même pour s’être laissée aller dans l’exploration, au détriment de la surveillance du bateau.

« Qu’est-ce que t’as foutu, Megumi… T’as vraiment cru que des marins qui gardaient l’entrée feraient l’affaire pour quelques heures. Bordel, t’es vraiment une abrutie. » pensa-t-elle.

Imprégnée par une adrénaline nouvelle qui se répandait au sein d’elle,  la rose épineuse se déplaça le plus rapidement possible, ne prenant pas le temps de se faire ralentir par ces quelques rochers situés devant sa trajectoire.  Elle ignorait si ces mécréants s’étaient déjà emparés d’un seul précieux minerai, mais elle ne comptait point les laisser s’en tirer sans les punir de cette faute. En moins de quelques minutes, la Juunin parvint à hauteur des  deux gardes. Un air sévère se dessinait sur ses traits, soulignant son agacement vis-à-vis de cette incompétence impardonnable. Les grondant sans même prendre en compte le fait qu’ils étaient deux fois plus âgés qu’elle, la belle finit sa course en bondissant vivement vers les conteneurs ciblés.

Son pas presque aussi léger que le vent n’alerta pas les trois cambrioleurs, au départ. Ils étaient concentrés au sujet de la manière dont ils allaient pouvoir ouvrir les conteneurs sans attirer l’attention de qui que ce soit. L’un d’eux songea à l’efficacité d’une arme blanche. Cependant,  avant qu’il ne puisse faire quoi que ce soit,  un shuriken bien placé trancha l’air vers sa direction.  Un bond sur le côté lui permit de le manquer de peu,  et la surprise générale joua en la faveur de Megumi.

Debout sur un des conteneurs, elle fixait sévèrement ses opposants. Il leur était difficile de discerner exactement le visage de la demoiselle, mais les inconnus avaient clairement deviné que leur attaquant était de sexe féminin. Peut-être se pensaient-ils vainqueur de ce futur affront en raison de leur supériorité numérique, toutefois,  sous-estimer quelqu’un pouvait se révéler  être l’une des plus graves erreurs en combat.

« Dégage. Ce ne sont pas tes affaires, alors si tu veux éviter qu’on t’écorche ton joli visage, tu ferais mieux de déguerpir. » lança méchamment la plus grande des trois silhouettes.

Cette réplique peu dithyrambique ne fut pas au goût de la Kumojin.

« Ta gueule, imbécile ! Toi et tes deux clampins d’acolytes, vous n’avez aucune raison légale d’être ici, alors VOUS dégagez ! »

Grinçant presque des dents, elle refusait d’être prise pour une gamine.  Elle tenta cependant de conserver son calme pour ne pas leur offrir la satisfaction d’avoir réussi à la provoquer avec brio. Sans crier gare, Megumi  bondit sur le beau parleur tel un félin enragé, dans l’optique de pouvoir le déstabiliser  au maximum. Les poings imbibés par l’ardeur des batailles ainsi que par  son courroux, elle ne fit preuve d’aucune compassion lorsqu’elle le frappa sur toutes les zones du corps qui lui étaient accessibles. L’homme répliqua en lui rendant la pareille, apparemment également décidé à vouloir en découdre. Alors qu’un duel de poings s’engagea dynamiquement, les deux autres voleurs prirent la décision d’en profiter pour pouvoir accomplir leur objectif de départ. Munis de gros sacs robustes,  l’hésitation d’ouvrir les conteneurs en attirant l’attention sur eux s’éclipsa aussi rapidement que leur calme. On pouvait les sentir bien plus nerveux qu’au départ, craignant que les choses ne tournent mal quand bien même l’ennemi était venu seul.  

Attentive aux actions de son opposant, Megumi tentait de prendre le moins de coups possible.  Parfois son visage rougissait sous les frappes ennemies, mais son adrénaline la forçait à en oublier la douleur.  Ses cheveux ébouriffés et en apesanteur sous l’effet du vent lui conférait un air bien plus effrayant qu’à l’accoutumé.  Au moment où elle anticipa un énième coup de sa cible,  sa vitesse lui permit de se retirer brusquement. Au début désarçonné, l’homme en conclut qu’elle s’épuisait au même titre que lui et qu’elle prendrait désormais de la distance pour reprendre son souffle. Ce n’était pourtant pas la véritable raison. Tendant les mains devant elle, la combattante concentra hâtivement son chakra sur ses paumes.

« Ranton, Raseri Circus ! » prononça-t-elle, la voix forte et ferme.

Plusieurs rayons lumineux s’échappèrent aussi sur l’ennemi, aussi rapides et menaçants les uns que les autres. Illuminant toute une partie du bateau, la jeune femme put s’apercevoir du coin de l’œil que les complices de sa proie comptaient se faire la malle. Elle dirigea ainsi cinq lasers en direction de son adversaire, et cinq autres vers ces pitoyables lâches. Ces derniers furent pris par surprise, ne s’attendant pas à attirer l’attention du prédateur. Frappés par la puissance de ce Ranton qui leur était inconnu, ils se plièrent de douleur en tentant de s’agripper aux barrières du bateau pour pouvoir avancer.  Une désagréable sensation de paralysie ralentissait grandement leurs mouvements, mais ils tenaient absolument à  rester en vie. L’un d’eux, dans un élan de désespoir, lança un parchemin à proximité de la Kumojin. Attentive, elle put l’apercevoir, mais n’eut point le temps de l’esquiver.  Une lueur rouge s’en échappa, avant qu’une chaleur de plus en plus étouffante n’emporte les voies respiratoires de Megumi. Toussotant, se tenant la gorge entre les mains, la pauvre se demandait ce qu’il lui arrivait. En réalité, elle ignorait tout bonnement qu’il s’agissait d’un Fuinjutsu qui scellait une technique de Genjutsu dans un parchemin. Cette impression d’étouffement  était par conséquent tout simplement irréelle. Profitant de cette opportunité en or pour dominer le duel,  l’assaillant s’approcha doucement de la demoiselle, se pencha jusqu’à l’empêcher de se déplacer.

« On fait moins la belle, hein ? Sale catin. »

Esquissant un sourire mauvais, il  semblait vouloir déguster cet instant avec lenteur et sadisme, un Kunaï à la main gauche pour entailler son visage.  Quelques gouttes de sang perlèrent de ses joues tandis que sa suffocation se faisait de plus en plus terrible. Il s’attaqua par la suite à ses bras, forçant Megumi à devoir se débattre en vain. Encore lucide, la jeune femme cherchait un moyen de pouvoir se débarrasser de ce piège. Sa vue ne tarda pas à se troubler, et lorsque sa précision visuelle fut presque au plus bas, elle crut voir son sang ruisseler jusqu’à sa main droite. Sa détermination, sa rage et sa détresse tirèrent sur son instinct de survie aussi inébranlable que celle de n’importe quel Ninja de Kumo. On lui avait toujours appris à ne pas abandonner, à vaincre ses ennemis sans la moindre pitié, et à ne pas mourir comme un déchet. Or, elle ne souhaitait pas le moins du monde être un déchet de l’Histoire. Son plus grand rêve était de pouvoir briller en tant que Kunoïchi, et rencontrer la mort à seulement vingt ans ne faisait pas partie de ses anticipations. Contre toute attente, sa volonté de fer lui procura l’énergie nécessaire pour frapper le sol avec sa main ensanglantée, et de murmurer faiblement mais distinctement.

« Kuchiyose… no… jutsu… »

La rose épineuse avait concentré assez de chakra pour faire venir la plus forte de ses invocations. En une seconde, un grand puma noir, aux iris émeraude et à l’allure fière et menaçante fit son entrée.  A sa vue, il était clair qu’une personne normale fuirait rapidement. L’homme qui blessait Megumi ne s’était pas attendu à cette difficulté, et il relâcha sa victime pour se concentrer sur la bête.  Orion était prêt à entrer en scène, n’appréciant pas du tout d’apercevoir son maître dans un état aussi lamentable. Il ne manquerait certainement pas de la réprimander à ce propos. Pour l’heure, il se contenta de lui introduire un peu de son chakra afin de la libérer de l’illusion.

Respirer à nouveau l’air frais sans craindre de mourir de suffocation fut le plus beau cadeau qu’elle pût recevoir de son amie. La jeune femme, encore en état de choc, profita de longues inspirations d’oxygène pour pouvoir s’en remettre. La colère était toujours présente en elle, et elle fixait son atrocement son adversaire. Un désir de vengeance se dessinait progressivement sur ses traits, et elle ne tarda pas à se ranger du côté d’Orion. Se déplacer s’avéra de moins en moins difficile depuis qu’elle avait récupéré sa respiration. Elle dut toutefois grincer des dents à cause de ses nombreuses plaies douloureuses  qui la tailladaient sur ses membres et son visage. Ce n’était cependant pas suffisant pour la blesser grièvement, tout était assez superficiel.

Alors que l’homme commença à faire les signes d’une éventuelle technique prochaine, l’invocation se montra plus agile et rapide que lui. Orion s’élança sans mansuétude vers sa cible, la faisant tomber en arrière avant de lui faire connaître le supplice de ses griffes de toutes parts. Les cris de l’inconnu prouvèrent la férocité de cet assaut, donnant l’occasion pour Megumi de pouvoir s’en venger.

« Orion,  je t’en dois une.  Il y en a deux autres qui se sont enfuis vers la sortie du bateau. Je ne sais pas s’ils ont volé quoi que ce soit, mais il faut à tout prix que tu les retrouves. Tue-les  s’il le faut !  Je m’occupe de cette raclure ! »

Aussitôt dit, aussitôt la créature se mit à sprinter en aiguisant tous ses sens. Il était certain que ses talents lui permettraient d’arriver à son objectif sans le moindre problème.  Du côté de la Juunin, les choses étaient désormais plus simples. Elle hésita longuement entre le fait de le tuer ou de le laisser en vie afin de l’interroger.  Finalement, elle opta pour les deux solutions à la fois. Faisant appel à son chakra Ranton, la belle généra une grande et magnifique lance noire chargée de foudre qu’elle lança sans plus attendre dans le ventre de l’opposant. L’arme se divisa en trois petites lances, qui piquèrent sur leur destinataire.  De nouveaux hurlements à en déchirer les tympans se firent entendre. Il était vraiment affaibli après ces attaques multiples. Cette lance fut celle qui signa l’arrêt de son combat, le paralysant pour un moment.  Satisfaite de son coup, Megumi s’en approcha avec une certaine allégresse perceptible sur son faciès.

« Allez, abruti.  Dis-moi pourquoi tu es venu ici avec tes lâches de copains, et je te laisserai en vie. »

Au départ, l’interrogé ne répondit pas. Il préférait se contenter de gérer sa douleur, et de provoquer les nerfs de la vingtenaire. N’apportant pas satisfaction à sa curiosité, il contraint celle-ci de devoir appuyer sur la lance afin de donner plus de profondeur à ses blessures. Crachant du sang et laissant encore échapper des cris de douleur, il se sentit partir vers la mort. Sa peur de l’agonie finit  donc par trahir  ses intentions.

« A..attends ! Ne me…tue pas ! s’affola-t-il avant de tousser.  Nous… nous faisons partie d’un… groupe de déserteurs. On a besoin de blé en ce moment alors… on a pensé… vendre ces minerais au plus offrant… On a entendu des marins en parler… entre eux. »

Cet aveu étonna à moitié  Megumi, qui ne s’attendait cependant pas à ce que les marins fassent autant preuve de négligence dans leur manière de communiquer. Au final, ils souhaitaient simplement tirer profit de ce cambriolage, rien d’autre comme une tentative de créer des tensions avec Iwa.

« Il faut croire que vous venez d’échouer  misérablement. Cela mérite une peine de mort tout ça, non ? »

Les yeux du coupable s’écarquillèrent. Il avait pensé qu’elle tiendrait sa promesse en tant que digne Kunoïchi, mais il avait également oublié qu’elle provenait d’un village  qui éprouvait peu de compassion envers les criminels.

« Au revoir ! Rêve de moi en enfer. » fit-elle joyeusement, en lui plantant un Kunaï dans le cœur.

L’homme perdit donc la vie, le regard vide de toute émotion et, surtout,  son esprit vidé de tous ses souvenirs et ses ambitions.

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Dernière édition par Endô Megumi le Lun 27 Avr - 14:12, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: A l'eau, matelot ! Et même en état grippal. [MISSION Rang B][TERMINEE]   Lun 27 Avr - 14:12

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CHAPITRE IV : Un nouveau camarade



Cet épisode n’avait pas manqué d’action, et il permit à Megumi de ne pas bailler une seule fois de la soirée. L’équipage de nuit avait terminé les préparatifs du bateau, permettant à tout le monde de pouvoir embarquer très prochainement. L’homme qu’avait tué la jeune femme venait d’être tiré du navire, tandis que ses complices avaient été capturés vivants par l’invocation de la Kunoïchi. Celle-ci ne lui dissimula pas sa reconnaissance. En effet, il était bien plus utile de garder ces Nukenin en vie pour obtenir davantage d’informations sur ce qu’ils venaient de faire. On ne pouvait guère se rabattre sur un seul témoignage. Cela dit, l’affaire de cette tentative de vol était désormais close. Jonchée de bandages sur certaines parties de son corps, la rose épineuse fut contrainte de rester assise sur une chaise durant le temps nécessaire de son soin. Des médecins étaient venus guérir ses nombreuses plaies et, on pouvait entendre quelques petits gémissement lorsqu’on lui enlevait quelques débris de verre qui étaient parvenus  à pénétrer son épiderme pendant son combat.  De son côté, Orion ne manqua pas de réprimander son amie.

« J’espère que tu n’es pas fière de toi. Tu t’es faite avoir comme une bleue, cela en est vraiment honteux. Qu’aurais-tu fait sans moi ?  »

La concernée baissa le regard. Elle ne s’était jamais sentie aussi humiliée, quand bien même elle avait réussi à vaincre son ennemi. Elle n’ignorait pas à quel point elle avait mal lancé les dés du jeu, laissant des opportunités à ses opposants de pouvoir la dominer. Sans l’aide d’Orion, elle serait toujours sous l’emprise de l’illusion et, peut-être même qu’elle aurait remporté un ticket gratuit en direction de la mort.

« Je sais. Epargne-moi tes commentaires, s’il te plait. J’en suis parfaitement consciente. » fit-elle en serrant les dents.

L’orgueil du puma ne l’aidait pas vraiment à se remettre de ces derniers événements, ce fut donc pour cette raison qu’elle parut aussi soulagée de le voir se volatiliser.  Durant l’heure qui suivit ses derniers soins, elle préféra se libérer l’esprit en se portant volontaire pour porter les caisses restantes dans le bateau. Quand il ne resta plus rien à faire, l’équipage entier monta à bord avant de lever le cap en direction du pays de la Terre. Megumi ne tarda pas à se reposer à l’air libre, sur l’un des conteneurs qui avaient été repris des mains des voleurs. A son plus grand bonheur, rien n’avait été dérobé, ce qui favorisait le succès de sa mission. Elle ignorait si elle était en état de s’endormir après cette folle aventure, préférant certainement garder un œil sur ce petit trésor.

Alors qu’elle se noyait dans ses pensées, le bateau prit de plus en plus de vitesse. Iwa n’était plus très loin, et elle serait bientôt débarrassée de cette tâche. La somme d’argent à l’échéance de cette mission constituait désormais la seule motivation de la rose épineuse. Voyager en bateau lui apparut comme étant clairement le moyen de transport qu’elle appréciait le moins. Certes, la vue de cette étendue marine restait assez spectaculaire, mais l’ennui l’emportait bien trop vite. Peut-être aurait-il fallu qu’elle ne fusse  pas envoyée toute seule pour accomplir ce travail ? Soupirant, elle releva la tête en direction des étoiles : un peu de tranquillité n’était pas de refus.

« Bonsoir. Je ne vous dérange pas ? » lança une petite voix masculine, dix minutes plus tard.

Un marin appelé Kaiji Kaname vint lui tenir compagnie. Il était l’un de plus jeunes de l’équipage, manquant encore d’expérience dans le milieu. C’était sans doute pour cette raison que la Kumojin ne lui avait pas encore adressé la parole. Elle n’aimait pas converser avec des personnes faibles et sans intérêt et, ce fut donc avec un profond soupir qu’elle dut accepter sa présence à ses côtés. Ce jeunot qui avait à peu près son âge ne devait peut-être pas être si ennuyant qu’il n’en avait l’air. Sous la lumière des petits lampions qui se creusaient sur le sol, on put apercevoir sa dégaine exténuée sous la charge de travail que ses aînés lui avait confiée. Cela rappelait à Megumi ses misérables besognes confiées par son ancien Senseï, lorsqu’elle n’était encore qu’une simple Genin. Il n’était pas facile de pouvoir s’imposer dans un milieu où les plus forts avaient marqué leur territoire depuis bien des lustres. Néanmoins, on se révélait être encore plus forts qu’eux si on savait les surprendre.

« Contempler les étoiles en solitaire ne m’aurait pas tant cela dérangée. Mais reste, j’imagine que tu n’es pas non plus fatigué. »

La jeune femme le tutoyait sans aucune gêne, prouvant ainsi qu’elle ne le respectait pas autant que les autres marins. A ses yeux, il n’était qu’un simple gamin de son âge.

« A vrai dire… non. Je suis un peu insomniaque sur les bords, donc je travaille souvent la nuit. Et si vous… vous avez besoin de quelque chose, je suis là. Mon chef m’a chargé de vous accompagner… même si je pense plutôt que… il a préféré se débarrassé de moi pour quelques heures, ahah… »

Ce rire niais, ces phrases hésitantes et peu assurées, cette attitude oscillante et incertaine ne pouvaient que agacer notre tendre combattante. Elle n’aimait pas les individus peu sûrs d’eux et incapables de pouvoir s’exprimer correctement sans vaciller dans la timidité ou le doute. Heureusement qu’elle se remettait doucement de ses petites blessures et que la nuit l’apaisait un peu plus que la journée. Megumi se contenta de laisser échapper un petit grognement, avant de caresser doucement la surface lisse du conteneur qui la portait. Du coin de l’œil, elle observait le garçon : il n’était pas très grand, mais il possédait un visage d’ange et quelques muscles légèrement perceptibles au niveau des biceps. Ce n’était néanmoins pas suffisant pour plaire à ses critères d’homme idéal. Rien ne vaincrait décidément la silhouette du Godaime Raikage qu’elle admirait tant.

« Tu m’étonnes qu’il ne veuille pas de toi. Regarde-toi, tu bégaies limite et tu te comportes comme un gamin. Aie un peu plus confiance en toi, ou je risquerais de finir par te mettre une tarte. Tu es un homme, ou non ? railla-t-elle, presque outrée avant de soupirer à nouveau par abandon.  De toute manière, je n’ai pas besoin d’accompagnement. Vous n’êtes tous pas capables de garder ces minerais. Il a fallu que je m’absente même pas une heure pour que tout aille mal, alors je dis non merci à votre charmante assistance. »

La Kunoïchi manquait de tact, mais cela, elle en était parfaitement consciente. Le jeune garçon baissa la tête, visiblement déçu de devoir voir la réalité en face. Il ne s’était jamais senti tant à l’aise que cela au beau milieu de ces marins talentueux et, lui aussi rêvait de pouvoir briller sur mer. Ce n’était pas les invectives de cette femme qui allait l’aider à avancer, pensait-il certainement.

« Euh… je sais que je suis un naze, mais... enfin, je…

- Laisse tomber, reste. De toute manière, je ne vais peut-être pas tarder à me coucher d'ici une heure. Je peux te faire confiance en te laissant la garde de ces minerais ? Appelle-moi au cas où il y aurait un souci.  S’il leur arrive quoi que ce soit, je t’étripe. »

En vérité, Megumi ne supportait pas de voir ce faible ne rien faire et, plus encore le fait que ses aînés ne lui offrent aucunement la chance de prouver qu’il pouvait être utile à bord. Il s’agissait d’un pari risqué que de confier le cœur de sa mission à un bleu, mais elle ne comptait pas non plus passer une nuit blanche à surveiller les caisses. La mer semblait plutôt calme ce soir, et il ne paraissait pas y avoir de pirates à bien des nœuds d’ici. Pour l’heure, les deux jeunes gens passèrent un peu de temps à échanger ensemble. Kaiji Kaname venait d’entamer sa première embarcation en tant qu’apprenti marin et, il était originaire de Taki. Il avait entendu parler de bien des légendes à propos de trésors précieux tapis dans les profondeurs du continent. Il était déterminé à en trouver afin de devenir un explorateur renommé, ainsi que pour trouver les fonds nécessaires à la guérison d’une maladie quasiment incurable de sa petite sœur. C’était une bien noble cause, selon Megumi. Aussi, au fil de la conversation, elle le considéra avec un peu plus de respect et, elle cessa de le juger à son apparence de faiblard. En tout cas, la discussion s’avéra assez pertinente pour que notre héroïne ne soit toujours pas sous ses couvertures chaudes à trois heures du matin.

« Ecoute, ce n’est pas que je m’ennuie, mais je vais devoir me pieuter *bâillements*. Je commence à être exténuée et, demain ma journée risque d’être assez chargée. Prends ces quelques Kunaï sur toi pour surveiller les conteneurs, on ne sait jamais. Prouve-moi donc que ta détermination égale tes ambitions et tu auras tout mon respect, apprenti ! » termina-t-elle sur un air enjoué.

Kaname lui adressa un petit sourire, visiblement content d’avoir pu parler avec cette jeune Endô. Elle avait réussi à le conforter dans ses espoirs et ses buts : cela lui avait procuré assez de confiance pour pouvoir poursuivre dans cette voie. Le garçon s’assit donc à l’endroit où s’était installée sa nouvelle amie, et il observa calmement la voûte céleste étoilée. Le petit monde s’était désormais endormi dans ce navire, mis à part l’équipage de nuit en action.

Le lendemain matin aux alentours de neuf heures, le bruit d’une porte que l’on ouvrait réveilla la rose épineuse.  S’étirant une fois de plus comme un chat, ce fut avec des yeux plissés qu’elle accueillit l’individu qui avait osé la sortir d’un profond rêve épique. Un plateau se dirigea vers elle, un relief doré dépassant du dessus.  Derrière celui-ci, une tête blonde domina le décor.

« Oh je rêve, ou tu viens m’apporter le petit-déjeuner au lit ? J’aurais préféré que ce soit le Raikage en personne, mais je m’en contenterais. Tu as passé une bonne nuit ?  demanda-t-elle, encore un peu dans les vapes.

- Oui, ça va. Il n’y a eu aucun imprévu cette nuit. »

Kaname tenta de dissimuler sa fatigue, bien qu’il soit parfaitement visible qu’il était épuisé de cette nuit blanche. Il allait pouvoir se reposer d’ici quelques temps, mais en attendant, il était bien décidé à remercier celle qui lui avait redonné confiance. Megumi ne tarda d’ailleurs pas à dévorer ses viennoiseries délectables, ainsi que son thé à la mangue presque bouillant.

« Eh bien, tu vois que tu n’es pas un déchet inutile, commenta-t-elle avec un sourire malicieux. Allez, va te reposer. »

Le jeune garçon ne se le fit pas dire deux fois avant de regagner sa propre cabine. Les cernes perceptibles sous ses yeux étaient le signe que de bonnes heures de sommeil l’attendaient chaudement. Quant à notre protagoniste, une journée d’ennui s’annonçait bien morne. Les voyages en bateau n’était décidément pas ce qu’elle appréciait le plus et, elle attendait avec impatience son arrivée aux terres de Iwa. Elle passa son midi au restaurant en compagnie des adeptes du Poker. Une fois de plus elle remporta un énième partie, ce qui suscita l’énervement de certains messieurs mauvais joueurs. Néanmoins, le restant des parties se déroula  dans la joie et la bonne humeur générale.

Le temps était d’ailleurs bien dégagé, laissant la luminescence totale du soleil réchauffer leur épiderme. Ce climat doux leur conférait naturellement une légère euphorie, ce fut  donc un des facteurs qui poussa l’équipage du jour à s’activer bien plus au travail. Quant à Megumi, elle passa une majeure partie de l’après-midi à aider le cuisinier de l’équipe à confectionner un très beau gâteau qu’ils dévoreraient ensemble durant la soirée. Cela lui permettait de ne pas voir les heures défiler et, une bonne expérience culinaire ne lui faisait absolument aucun mal. Assistant ce chef du mieux qu’elle le put, elle lui apporta tous les ingrédients nécessaires ainsi que les instruments adéquats. La jeune femme n’avait pas souvent eu l’occasion de pouvoir passer du temps à cuisiner chez elle, donc cette activité lui redonna une certaine pêche.

« Maintenant, tu vas devoir remuer ce mélange pendant que j’ajouterai le lait. Remue bien dans le sens des aiguilles d’une montre !  lui ordonna le chef.

- Aucun problème, c’est comme si c’était déjà fait. »

Ainsi, notre jeune Endô nationale suivit des cours de pâtisserie avec enthousiasme et motivation. Elle adorait manger tout ce qui était de qualité, et en apprendre plus de la part d’un professionnel la faisait frétiller d’excitation.  Le soir arriva quand elle termina de préparer la grande table qui accueillerait les invités. La fameuse charlotte aux fraises venait d’être sortie de cuisine pour être présentée au beau milieu du festin. Aujourd’hui, un menu bien garni et délicieux les attendait tous. Megumi était fière de pouvoir affirmer sa participation à ce dîner tant travaillé. Et cela s’avéra être une réussite, puisqu’ils avaient tous savouré ce qui leur avait été servi.  Kaname n’avait pas manqué de complimenter son amie à ce sujet, un peu plus tard dans la soirée. Ils s’étaient une fois de plus retrouvés dans leur fameux repère, au beau milieu des conteneurs qu’ils surveillaient ensemble. Il n'avait jamais goûté à une charlotte aux fraises aussi exquise et, il venait donc de découvrir une nouvelle facette qu'il ignorait d'elle. A ses yeux, elle était loin d'être une cuisinière, mais plutôt une grande guerrière. Aussi, des questions le tiraillaient de l'intérieur.

« Dis-moi, Megumi. Pourquoi as-tu décidé de devenir une Kunoïchi ? Etait-ce pour pouvoir explorer le monde ?  lui demanda le marin.

- Non, je voulais être une héroïne quand j’étais petite. Je voulais faire comme les grands Ninjas que l’on voyait revenir de missions avec des blessures sur le corps, mais un air de vainqueur sur le visage. Mais j’aime aussi l’aventure, tout ce qui peut sortir de l’ordinaire. Maintenant… mes priorités sont de protéger le village et de servir notre bon Raikage. C’est un homme fantastique, tu sais. Aussi sexy que sage, je ne crois pas qu’on puisse trouver une deuxième personne comme ça. Tu devrais en prendre de la graine… » répondit-elle avec humour.

Kaname rougit. Il était vrai qu’il était loin d’être le plus musclé de tous, mais il pratiquait tout de même la musculation pour espérer pouvoir être un véritable homme.

« Enfin, plus sérieusement…, poursuivit sa voix un peu plus douce. Etre un Shinobi, se servir de ses pouvoirs, se battre en équipe et tout ce qui suit… c’est vraiment la plus belle des expérience qu’un être humain puisse avoir. J’imagine que tu dois ressentir un peu la même chose quand tu es en mer, non ? Cette sensation de liberté, et cette impression de pouvoir mener ton destin comme tu l’entends…


- Oui, c’est exactement ça. Ma mère m’a toujours trouvé incapable d’accomplir quoi que ce soit, alors aujourd’hui est… une opportunité de pouvoir prouver ma valeur.

- Tiens, tiens… tu ne te prends plus pour un naze ? Il faut croire que je sais changer les gens, haha. En tout cas, il ne faut jamais abandonner… même dans les mauvais moments. »


Sur cette tirade, Megumi se coucha sur un des hamacs qu’elle avait suspendu à deux poteaux. Elle souhaitait passer la nuit dehors, sous cette température chaude que lui offrait la mer. Quelques fois, une légère brise venait rafraichir ses joues, mais cela ne l’empêcha pas de revoir Morphée une fois de plus. Quant à Kaname, il observait doucement la jeune fille. Peut-être avait-il enfin trouvé une précieuse amie capable de le comprendre et de le pousser à  accomplir ses rêves ? Jamais il ne s’était senti aussi fort.


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Dernière édition par Endô Megumi le Mer 29 Avr - 3:17, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: A l'eau, matelot ! Et même en état grippal. [MISSION Rang B][TERMINEE]   Mer 29 Avr - 3:14

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CHAPITRE V : Retour aux soins



Un réveil difficile attendit Megumi dès l’aube. Un nez complètement bouché l’empêchait de pouvoir respirer et, elle fulmina contre ce rhume grippal qui venait de revenir plus fort. Encore couchée dans son hamac, elle entama un paquet de mouchoirs en se mouchant bruyamment. Ses yeux picotaient de manière désagréable et, elle se sentait un peu moins en forme que d’habitude. Des nuages gris s’étaient formés au-dessus d’elle, annonciateurs d’une pluie future. De l’autre côté des conteneurs, des ronflements se faisaient entendre : Kaname s’était endormi depuis un petit moment. La mine défraichie et épouvantable, la jeune femme se leva difficilement de son hamac. Elle avait un peu la tête qui tournait et quelques nausées qui la faisaient parfois perdre son équilibre. La maladie n’allait certainement pas lui permettre de passer une agréable journée. Aussi, à l’heure du petit-déjeuner, tous ne cessèrent de l’embêter avec leurs questions idiotes et redondantes. Les marins s’inquiétaient de son état et, semblaient vouloir la choyer comme si elle était une enfant fragile. C’était une chose qu’elle ne supportait pas et qui faisait clairement ressortir le côté peste qu’elle était.

« Mais fermez-là ! Je ne suis pas mourante, bande d’idiots ! Même Kaname m’a foutu la paix quand il m’a vue ! C’est dingue ça… il suffit d’avoir un petit rhume pour qu’on me prenne pour une faiblarde ! Ce n’est pas une grippe qui va avoir raison de moi, bande de… Aaa..aaatchoum ! »

Un mouchoir plaqué contre son nez rouge, la jeune femme crut exploser de l’intérieur. Elle en avait assez de cette fichue maladie et également assez d’être prise pour une victime. Les marins cessèrent alors d’insister, visiblement vexés de la manière dont elle venait de leur parler. Certains d’entre eux murmurèrent quelques propos à son sujet de manière discrète, mais Megumi était bien trop occupée avec son nez pour les entendre. Cela était sans compter ce vent du nord glacial qui vint hérisser ses cheveux, comme si cela n’était pas assez suffisant comme cela. Finalement, l’infirmière du navire dut la contraindre à rester à l’infirmerie pour pouvoir la soigner. Allongée dans un lit, ce fut au plus grand malheur de la patiente qu’elle dut avaler un nombre incroyable de médicaments.

«  Vous n’espérez tout de même pas me droguer ? En cas d’assaut, je ne pourrais pas vous aider si je suis dans un état second.

- Ne vous en faites pas, il n’y aura pas d’effets secondaires. A la rigueur, juste une petite sensation d’engourdissement, mais rien de bien embêtant. Il vaut mieux vous guérir le plus rapidement possible avant que vous ne contaminiez tout l’équipage.

- Dites le si je suis la peste noire, ça ira beaucoup plus vite.

- Restez calme, je vous prie. Votre grippe a été mal soignée, et désormais, elle s'est aggravée. »

La patiente soupira d’agacement. Elle qui avait été si calme depuis hier venait de retrouver un peu plus de nervosité en raison de sa maladie. Il lui était insupportable de respirer en ayant le nez bouché, en sentant la sécheresse dans sa gorge, et en toussant péniblement. Pour l'heure, le seul décor qui l'entourait étaient ces murs blancs, une odeur pharmaceutique peu agréable lui remontant jusqu'à la seule narine qui pouvait encore inspirer. Elle n'était pas prête de sortir d'ici et, l'infirmière songea même à la laisser quelques heures en solitaire pour que les médicaments fassent effet. N'ayant pas le droit aux visites, Megumi ne s'était jamais sentie aussi renfermée de sa vie. Même passer des journées dans sa propre chambre sans ne rien faire lui paraissait bien plus amusant que cette pièce démunie de couleurs. Fermer les yeux et tenter de s'endormir lui ferait sans doute passer le temps ? Elle n'était malheureusement pas suffisamment fatiguée pour cela.

Cependant, plus les demi-heures défilaient, plus elle commençait à se sentir un peu moins engourdie. Par la seule fenêtre qui donnait sur l'extérieur du bateau, elle s'occupa en observant les marins discuter de sujets stériles, comme la dernière où ils avaient bu ensemble en taverne. Elle ne manqua pas de pouffer discrètement de rire à l'entente d'une de leurs bêtises, avant de balayer la mer du regard. Cet après-midi s'avéra terriblement longue et, l'appel de la faim commença à tirailler l'estomac de la jeune femme. L'infirmière, qui passait régulièrement la voir, lui apporta un repas équilibré pour le soir. Ce n'était pas le dîner le plus prestigieux de la planète, mais Megumi dut se contenter de ces légumes omniprésents. Sirotant un jus de fruits rafraichissant, elle songea à pouvoir sortir un petit peu le soir pour prendre l'air. Toutefois, le refus catégorique du soigneur calma un peu ses ardeurs. Ce ne fut que vers vingt et une heure du soir que les choses devinrent un peu plus intéressantes.

Un trio de marin, composé du petit Kaname, devait surveiller les mers pendant que les autres profitaient de leur repas. Mystérieusement, la mer semblait plutôt agitée et elle préconisait certainement une future tempête. Le navire avait suffisamment de ressources pour pouvoir assurer sa robustesse, mais le jeune garçon n'était pas tant cela rassuré. En vérité, il avait un mauvais pressentiment. Afin d'éviter une collision avec un gigantesque navire de transport qui s'était égaré, le bateau sur lequel était situé notre héroïne avait dû changé de cap temporairement. Ce n'était sans doute pas ce qui allait les aider, bien au contraire. Sans le vouloir, ils avaient frôlé le territoire de pirates hors-la-loi, qui avaient apparemment déserté le village de Kiri depuis bien des lustres. Ils n'étaient strictement pas du genre à vouloir laisser leur territoire se fait empiéter par des inconnus. Surtout lorsque ces mêmes inconnus transportaient des choses assez intéressantes. Ainsi, l'infirmière dépêcha sa patiente avec stupeur.

« Mademoiselle ! Des pirates sont montés à bord ! »

La rose épineuse éjecta aussitôt sa couverture au sol, avant de se ruer vers la sortie. Se dégourdir les pattes lui ferait du bien et, d’un côté, elle remercia cette bonne diversion de pouvoir lui offrir l’opportunité de sortir de cette prison. Le sourire aux lèvres, elle était prête à se rendre au cœur de l’action. Sa grippe toujours présente n’arrêterait pas sa détermination, ni même sa bravoure. Concentrant du chakra au niveau de ses pieds, la belle parcourut une grande distance en quelques secondes afin de retrouver les mécréants qui venaient de semer le trouble. Elle repéra au passage leur propre navire, dominé par un drapeau au motif d’une tête de mort. Apparemment, ils étaient tous sortis pour venir ici.  Dagues en main, leur allure extravagante par des vêtements sales et déchirés leur accordait réellement la silhouette de pirates ivrognes et sales. Une odeur forte d’alcool émanait de leur corps respectif et, ils ne dissimulèrent pas un sourire machiavélique au coin de leurs lèvres surmontées de fines cicatrices. Au nombre de cinq, ils cherchaient des noises à n’importe qui et, ils ne craignaient pas grand-chose. L’un d’entre eux était borgne et deux autres plutôt beaux garçons tenaient des sabres bien aiguisés. Le plus musclé du groupe prit la parole, dévisageant la nouvelle venue.

« Un seul Ninja ? Vous êtes pitoyables, non ? Enfin bref, nous ne sommes point  là pour prendre la vie de qui que ce soit. Du moins, si seulement vous seriez d’accord pour nous donner cette marchandise. Je suppose qu’il doit y avoir des  choses intéressantes à l’intérieur ?

- Aussi intéressantes que le tout petit truc que tu as entre les jambes. Je vous conseille de partir d’ici, ou je risquerais fortement de m’énerver. Si vous ne voulez pas perdre le peu de virilité que vous avez, alors foutez le camp ! » répondit-elle d’une voix forte et sévère.

Les pirates furent pris d’éclats de rire ; décidément, celle-là était un spectacle. Elle ne leur faisait pas peur, au contraire.

- Tu es une femme de caractère, à ce que je vois. Mais ce n’est pas si étonnant que cela : Si je me fie à ton bandeau, tu viens bien de Kumo ? C’est un village de sauvages, les Shinobis de cette contrée ne sont pas capables de raisonner autrement que par la violence. Ils se croient, de plus, supérieurs aux autres. Quelle bande de malheureux…

- La ferme. Tu ne sais rien de mon village. Là-bas, nous partageons des valeurs bien plus nobles que les vôtres. Déguerpissez ! »

Aussitôt dit, la Kunoïchi forma rapidement des mudras pour utiliser une technique Suiton. L’eau de mer tourbillonna étrangement, avant qu’un immense dragon d’eau n’émerge soudainement. Il transperça le bateau pirate durant sa montée, ce qui perturba l’ensemble du groupe durant quelques secondes. Puis, il s’abattît lourdement   sur le navire de transport, ciblant les cinq bandits. Celui qui avait échangé quelques paroles avec la jeune femme parvint à s’échapper de cette masse d’eau et, un autre para le dragon à l’aide du Kenjutsu.  Quant aux trois victimes touchées, elles venaient de tomber dans l’eau. Proférant des insultes et tentant d’éviter la noyade, ils s’agrippèrent à des restants de leur propre  bateau.  Les marins se mobilisèrent alors pour faciliter la tâche à leur sauveuse : à l’aide de cordes, ils aidèrent les renégats à sortir de leur misère. Mais en contrepartie, ils n’attendirent pas plus longtemps pour les immobiliser à l’unisson et les ligoter fermement à des tonneaux. Quant à la rose épineuse, deux ennemis lui faisaient face.  Il y avait le plus âgé et le plus expérimenté de la troupe, suivi d’un des beaux garçons qui tenait un sabre.

« Comment tu as pu devenir pirate, avec cette gueule d’ange ? Rends-toi, ça vaut mieux, lança la jeune femme d’un air faussement séducteur.

- Jamais, sale garce !

- Tu viens de ruiner tout ton charme… Ranton, Raseri Circus ! »

Utilisant sa technique préférée sans la moindre clémence, le jeune garçon eut du mal à esquiver les rayons lumineux. A son plus grand bonheur, son aîné vint le secourir en dissipant le jutsu  à l’aide de sa dague peu ordinaire. Cette arme blanche était fort intrigante avec sa capacité à réduire un Ranton de rang B à néant, sans la moindre difficulté. Megumi recula légèrement, prise de méfiance.  Chacun s’inspectait, cherchant à comprendre les intentions de l’autre. A deux contre un, peut-être que l’avantage numérique ne jouerait pas en faveur de la demoiselle ? D’un côté, le niveau du jeune sabreur n’atteignait que celui d’un simple Chuunin. Cependant de l’autre, elle ne devait pas se permettre de sous-estimer le plus vieux des deux qui avait l’air bien plus expérimenté qu’elle. Etait-il de rang A ? Fort probable. Bien que la Kumojin ne le sut pas à ce moment-là, la victoire ne serait pas forcément simple à atteindre. Ne restait plus qu’à devoir bien affiner sa stratégie face à l’autre morceau qui se montrait moins évident à tromper. Un coup de sabre ici, un coup de sabre là-bas de la main droite… elle dut faire appel à sa grande agilité pour pouvoir les esquiver avec à la fois élégance et vélocité.  Le maniement de ces lames suscitait tout de même le respect et, elle manqua de se voir asséner un énième coup lorsque le chef des pirates la mena à se plaquer contre un mur.

Heureusement, elle parvint à utiliser son chakra Suiton pour modéliser une épée faite d’eau. Loin d’être spécialisée en Kenjutsu, son instinct de survie ainsi que sa volonté terrible de victoire la poussèrent à se montrer plutôt habile en la matière. Megumi était loin d’être au niveau de sa meilleure amie Zanshi, mais le fait de la voir repousser les coups d’épées du corsaire forçait tout de même le respect. Contrant du mieux qu’elle le pouvait les assauts fourbes de l’opposant, la force guerrière de la Kunoïchi couplée à sa colère lui permit de finir par repousser l’être abject qui la combattait. De la main droite, elle contrait témérairement l’arme du vétéran et, de la gauche, elle vint planter sa lame d’eau au-dessus du genou droit de l’homme. Un hurlement de douleur se fit entendre, tandis qu’elle enfonça bien plus son arme transparente là où la blessure s’agrandissait. Un petit giclement de sang vint teinter son visage pâle d’un rouge écarlate, avant qu’elle ne soit contrainte de reculer en craignant que la lame ennemie ne lui tranche la main qui résistait durement. Son propre flot de sang s’écoula au sol et, son regard  scruta rapidement la grande plaie qui se dessinait à la source de ses doigts. Cela faisait mal et, elle soupira d’agacement lorsqu’elle vit que le beau sabreur s’était mis à sa poursuite. Détalant de sa place le plus rapidement possible, elle lui jeta un regard foudroyant.

De l’autre côté, le chef des pirates venait de se relever malgré tout, par une étonnante volonté de combattre. Le seul point négatif pour lui était que sa motricité était fortement réduite en vue de sa blessure. Tendant l’épée vers Megumi, il donna l’ordre clair de son exécution. Le sabreur se rua sur elle, une envie de meurtre le traversant. La jeune femme esquiva facilement le premier coup asséné, mais un peu moins bien le second. Il avait visiblement pris le temps d’analyser ses mouvements et, anticipant une esquive de la jeune femme sur un côté précis, il la pris de revers. Coupée au niveau du bras, elle laissa échapper un gémissement de douleur. Reculant vivement pour reprendre son souffle, la Juunin n’eut point d’autre choix que de dissiper sa lame d’eau pour faire usage d’une spécialité qu’elle maîtrisait un peu mieux que le Kenjutsu. Tendant les mains, la rose épineuse prit la décision de se débarrasser de ce parasite une bonne fois pour toutes en lui lançant un Raseri Circus bien placé.  N’ayant pas prévu ce coup rapide et à distance, ce jeune débutant regretta bien vite de ne pas l’avoir prévu. Une explosion lourde se produit à l’impact, propulsant l’adversaire à bien des mètres en arrière, jusqu’au bord du navire. Ce fut à son tour de se tordre de douleur, ne pouvant plus contrôler la mobilité de son corps sous l’effet de la foudre. Kaname et deux autres marins n’attendirent pas plus longtemps pour le ligoter lui aussi, après s’être assurés que son sabre lui était hors de portée.   Il ne restait plus que le vétéran du groupe, pas mal affaibli. Megumi s’empara du sabre de sa victime, ignorant quand bien même comment il fallait s’en servir. Cela ne l’empêcha pas de la pointer en direction du pirate, un air menaçant et effrayant se dessinant sur son faciès. L’homme ne changea nullement son expression, tendant toujours ardemment son épée en sa direction malgré sa forte blessure. Il n’était sûrement pas en état de pouvoir se déplacer de manière optimale, mais il paraissait ne pas vouloir se rendre.

Tandis que la jeune Endô l’observait avec satisfaction, son caprice sadique ne lui permit pas d’anticiper directement que ce corsaire avait encore de la ressource à revendre. Submergé par une fierté égalant son refus de défaite, il surpassa sa douleur pour venir renverser la jeune femme en arrière.

« Meurs, sale garce ! »

Légèrement hébétée, quelques secondes lui furent nécessaires pour réaliser qu’il la menaçait de nouveau en la pointant de l’épée. Il l’écrasait de son poids lourd et, il ne comptait pas la laisser s’échapper. L’esprit rancunier de la Kunoïchi ne décida pas de laisser les choses se terminer ainsi ; elle leva les deux mains pour repousser la lame, bien que cette action parut bien trop difficile pour elle. Sa main déjà endolorie ne paraissait plus pouvoir tenir un tel effort et, elle dut se contraindre à devoir tenter d’étrangler ce pirate avant que la lame ne pénètre plus profondément dans sa chair. Des cris de douleur sortirent de sa bouche, avant qu’elle ne sente l’épée tressaillir. Sans plus attendre, elle abandonna la strangulation pour repousser vivement l’arme blanche d’un violent coup d’avant-bras. Il fallait croire qu’elle avait suffisamment enfoncé ses doigts sur une des artères du corsaire pour que ce dernier n’ait pas pu mener son meurtre jusqu’au bout. Suffoquant, il fut désormais encore plus faible.  Bien plus énervée qu’au départ, Megumi  lui arracha l’épée des mains avant de lui trancher la tête. Le corps lourd du renégat tomba sur elle, lui faisant échapper un soupir sous cet écrasement. Kaname la libéra de cette masse corporelle en traînant le cadavre jusqu’au bord, avant de le jeter à la mer. Puis, ce fut avec inquiétude qu’il inspecta l’état de son amie.

« Tu es blessée à la main et à la poitrine ! L’épée a failli avoir raison de toi, nous devons rapidement te soigner ! Je… je crois que cela t’a aussi empoisonnée, il y a du venin qui s’échappe de… non… Megumi… Megumi ! »

Les derniers mots du jeune marin résonnèrent de plus en plus lointainement dans l’esprit de la demoiselle. Ses yeux se refermèrent doucement, avant qu’elle ne plonge dans un profond sommeil. Elle ne ressentait plus rien, mais faisait face à décor ténébreux, sombre et peu rassurant. Dans son subconscient, elle se haïssait de ne pas avoir pu vaincre aisément ce Nukenin. Il avait beau avoir été plus fort qu’elle de base, elle avait tant souhaité le battre comme s’il n’avait été qu’un simple insecte.



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Dernière édition par Endô Megumi le Jeu 30 Avr - 0:49, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: A l'eau, matelot ! Et même en état grippal. [MISSION Rang B][TERMINEE]   Mer 29 Avr - 17:31

Do you see the sea ? It calls me... The wind too.
CHAPITRE VI : L'horizon



Malgré la détresse de ces personnes inquiètes, la jeune Kunoïchi ne semblait pas vouloir quitter le monde des songes. Elle vivait son cauchemar dans l’angoisse et la terreur, son esprit largement éloigné de la réalité. Megumi rêvait d’une guerre où le sang  peignait l’ensemble du décor, ses alliés agonisant peu à peu sous ses yeux.  Elle se voyait être la seule survivante de cette bataille, découvrant avec épouvante les corps sans vie de Zanshi et Ayami. Elle s’écroulait douloureusement face à cette vue horrifique, avant que tout ne redevienne sombre et noir à nouveau. Les ténèbres l’oppressèrent et, elle percevait une représentation étrange de son inconscient, un être aux intentions machiavéliques. Il lui répétait sans cesse qu’elle n’était qu’une erreur, une faible et, qu’elle ne méritait pas du tout son statut de Ninja. Dans l’obscurité, la pauvre luttait contre un ennemi invisible qui n’était rien d’autre que sa fierté affectée par les derniers événements.  Elle se prit un nombre colossal de coups, frappée de toutes parts par son propre soi. Ses blessures se refermaient au fur et à mesure, mais sa douleur psychologique restait présente. Cela faisait deux combats où elle se retrouvait en difficulté lors de cette mission et, quand bien même elle les avait remportés, elle s’était particulièrement trouvée médiocre. Le temps paraissait bien long, durant cette petite bataille interne où elle affrontait ses propres ténèbres. L’assaut tortueux la fatiguait et, cela se reportait sur son état physique. Des gouttes de sueurs perlaient son visage, tandis que la tête d’un petit homme retombait doucement sur un coin de son lit.  Ce fut d’une manière bien brusque et en poussant un cri de stupeur que la jeune Megumi parvint  à quitter ce mauvais rêve. Elle se leva soudainement en pleine désorientation, balayant les quatre murs blancs de l’infirmerie avec effroi. Le noir complet avait disparu pour laisser place à une lumière artificielle, en provenance d’une grande lampe suspendue au plafond. Son rude réveil mit les sens de Kaname en alerte. Il ouvrit les yeux à son tour et, leva la tête doucement. Son sourire apaisé fut la première chose qui marqua la mémoire de la Kunoïchi.

« Je… Je suis ici depuis combien de temps ? Aaah, j’ai mal au crâne… c’est horrible… balbutia-t-elle, portant sa main droite jusqu’à son cuir chevelu.

- Tu nous as fait peur.  On a fini par t’extraire ce poison, mais tu ne te réveillais pas. Il est quinze heures et quart… Attends, avale ces cachets. »

La rose épineuse suivit ces précieux conseils et, elle laissa cette douleur entre les mains d’un paracétamol plutôt puissant. Elle n’avait pas tant cela l’impression d’avoir dormi pendant plus de dix-sept heures, mais cela ne la surprenait pas vraiment. Selon Kaname, le poison avait été difficilement repérable et son extraction s’était avéré un peu plus délicate que d’habitude. L’infirmière du bateau avait dû s’y reprendre plusieurs fois avant de réussir son opération complètement.  

« L’épée de ce pirate n’est pas une épée quelconque. Elle fait partie d’un des trésors perdus dans des épaves dans les profondeurs des mers. C’est dur de l’admettre, mais ces Nukenin ont dû avoir beaucoup de chance pour découvrir l’un de ces coffres. Ils sont si durs à trouver tant ils sont légendaires…

- Ecoute, je me fiche pas mal de ce fichu trésor. Après, j’espère que tu conserveras cette saleté d'épée, elle est bien mieux auprès d’une personne sans mauvaises intentions. Enfin bon, je suis encore un peu secouée, alors j’aimerais parler de choses utiles. Les avez-vous tués ?

- Ils ont été capturés, c’est tout. Nous comptons les apporter à Iwa pour qu’ils soient ensuite livrés à Kiri grâce à leurs accords. Nous pensons que nous n’avons pas les droits de leur rendre un jugement, c’est à leur village de régler ce problème.

- Mmh, dommage. »

Megumi se retourna dans son lit, se sentant mieux lorsqu’elle reposait la tête sur son oreiller moelleux et confortable. Elle ignorait combien de temps le bateau circulerait en mer, mais elle n’avait pas tellement hâte de quitter ce repos. Son sommeil n’avait pas été si réparateur cela et, elle ne se souvenait plus vraiment de son rêve. Tout ce qu’elle en avait retenu, c’était qu’elle ne l’avait pas du tout apprécié et qu’elle en avait même pris peur au bout d’un moment. Ceci dit, en réalité, la jeune femme ignorait qu’elle n’avait pas encore vaincu ses craintes les plus enfouies en elle-même. Refouler des sentiments n’était jamais bon, et son inconscient finirait bien par lui faire assumer certaines choses, un jour. Sans vraiment s’endormir, elle médita longuement sur ce dernier combat. Sa main gauche caressa doucement la blessure pansée qui se dessinait sur le haut de sa poitrine, dissimulée par un grand pansement épais. Cela lui faisait un peu mal lorsqu’elle appuyait dessus, mais heureusement que la lame ne lui avait pas commis davantage de dégâts que cela.  

A la demande de la Kumojin, Kaname lui apporta de quoi pouvoir se remplir l’estomac. Rester inactive aussi longtemps lui avait fait perdre son énergie, et la perfusion ne lui suffisait pas vraiment à combler sa faim. A son plus grand bonheur, elle eut droit à de bons restants du midi, toujours aussi délicieux. Sans se soucier de son apparence peu embellie par ces derniers événements, elle ne manqua pas de dévorer entièrement son repas en laissant un peu de sauce faire guise de rouge à lèvre. Le jeune marin tenta de cacher un petit rire.

« Tu sais, je te trouve très forte comme Kunoïchi. Je suis sûr que tu dois en impressionner plus d’un, n’est-ce pas ?

- Pas faux, répondit-elle tout en mâchant. Mais… faut avouer que… la concurrence est... plutôt bonne ! J’ai toujours espéré… me démarquer aux yeux de notre chef.  Enfin, j’ai toujours aimé me démarquer tout court. Tu vois ce tatouage sur mon omoplate ? »

La belle tira doucement sur sa robe de chambre blanche afin de lui montrer le fameux scorpion que la plupart des Kumojin avait déjà aperçu.  Les yeux de Kaname s’écarquillèrent, en même temps que ses joues prirent une teinte rosée. Apparemment, cela le gênait que de voir une jolie fille lui montrer des particularités physiques assez personnelles.

« C’est… très joli. Que signifie-t-il ?

- On a tous ce tatouage au sein de mon groupe. Quand on était adolescents, on aimait faire la loi dans les quartiers du village. Beaucoup de gens ont entendu parler de nous, on était de véritables emmerdeurs. Toutefois, on rendait pas mal de service aux gens en échange d’un peu d’argent. Enfin, ce n’est pas vraiment ce qui me manque l’argent, mais j’aimais quand même me sentir responsable en percevant une rémunération.

- Tu es une noble ?

- Non, mais ma famille et moi vivons dans les beaux quartiers tout de même. Ma mère et mon père travaillent dans le développement des nouvelles technologies et, leurs talents les ont menés à remporter pas mal d’argent. Des sommes suffisantes pour qu’on puisse mener une belle vie dans les coins les plus beaux de Kumo.

- Je vois, tu en as de la chance. J’ai vécu dans la précarité, alors je n’ai pas connu ça. »

Megumi haussa les épaules : que répondre à cela ? Elle pouvait simplement lui souhaiter un avenir meilleur, puisqu’il devait se battre contre les différentes embûches de la vie. Personne ne choisissait dans quelles circonstances on allait vivre. Quand quelque chose ne nous plaisait pas, il suffisait de se donner les moyens de changer cela. La demoiselle croyait dur comme fer à ces idées.  Si on ne pouvait pas forcément rendre les rêves réalité, il fallait au moins essayer de les en rapprocher.

« N’abandonne jamais, c’est tout. Si tu veux ces trésors, cherche-les jusqu’au bout.  Bon, maintenant, j’aimerais bien pouvoir sortir dehors. Je commence à avoir un peu moins mal à la tête. »

Kaname l’aida à la relever, le temps qu’elle retrouve convenablement sa motricité. Ses jambes étaient légèrement engourdies, mais elle parviendrait sûrement à y faire face rapidement. Ce fut donc d’une démarche un peu hésitante qu’elle quitta l’infirmerie, une légère température fiévreuse l’occupant encore un peu cependant. Il fallait qu’elle prenne l’air afin de ne pas mourir de chaud et puis, la Kunoïchi n’aimait pas vraiment l’idée de devoir rester enfermée. Elle l’avait suffisamment été la veille et aujourd’hui.

S’asseyant sur un des bancs extérieurs, elle accueillit le vent frais de l’ouest comme une vieille amie. Les marins saluèrent son courage, et n’hésitèrent pas à lui apporter toutes sortes de friandises pour l’aider à reprendre de l’énergie. Contre toute attente, Megumi ne se plaignit pas d’être choyée ainsi comme un enfant. Cela lui plaisait, étrangement. Peut-être était-elle soulagée d’avoir survécu à un poison quasiment mortel, et qu’elle puisse ainsi croquer à nouveau à sa vie de combattante ? Le sourire aux lèvres, elle resta là durant quelques heures à admirer la mer et son soleil qui ne tarderait pas à se coucher d’ici quelques temps. Kaname ne cessait de lui poser des questions sur sa vie, mais cela ne la dérangea pas plus que cela. Elle aimait bien ce jeune curieux et, encore plus depuis qu’il l’avait aidée durant ses moments de détresse. Evidemment, au bout d’un moment, elle fut contrainte de le couper dans son élan puisqu’il était temps pour elle de prendre une bonne douche bien chaude.
Aux environs de dix-huit heures trente, elle rentra dans sa propre cabine pour prendre des affaires propres, puis elle s’engouffra dans une des douches pour femmes.  L’eau chaude de celle-ci lui procura un intense bonheur, mêlé à des sensations toutes aussi agréables que rafraîchissantes. Sa fièvre ne tarda pas à tomber lorsqu’elle s’entoura de sa serviette. En se regardant dans le miroir de la petite salle de bain, la rose épineuse fut ravie de constater que son visage avait repris des couleurs. Cette petite sortie à l’air libre ainsi que cette douche lui avaient fait le plus grand bien.  Toute propre et soignée d’apparence, Megumi rejoignit ses camarades dans la joie et la bonne humeur. Elle se lança à nouveau dans un énième concours de nourriture en début de soirée, avant de se retrouver assise sur les centenaires de minerai comme à son habitude.

Bientôt, ils accosteraient Iwa et tout serait terminé. Au loin, elle pouvait percevoir les terres de sa destination et, elle sut qu’elle regretterait cette folle aventure. Tout se finirait bien trop vite. La nostalgie la prenait déjà, en pensant à ces si bonnes journées de cuisine et d’ennui au soleil. Kumo lui manquait, c’était vrai, mais il n’y avait rien de plus beau que l’exploration des contrées inconnues et les nouvelles rencontres. Kaname l’avait rendue bien moins énervante et râleuse qu’elle ne l’était de base et, cela l’avait énormément surpris. Finalement, il y avait bien des personnes capables de l’adoucir. Enfin, ce n’était qu’une question de temps avant qu’elle ne redevienne à nouveau l’enquiquineuse qu’elle était. Sourire aux lèvres, elle se livra au vent. Ses cheveux voletaient à son rythme, et son teint rosé brillait sous les lumières artificielles du bateau.  Megumi pensait à sa très chère sœur, ainsi qu’à Zanshi : elles seraient certainement envieuses lorsqu’elle connaîtrait les détails de sa mission. En vérité, notre héroïne n’avait pas tant eu l’impression d’avoir été en permanence en mission : Etre en bateau en compagnie de ces gentils marins avait rendu la tâche très plaisante à vivre.  Aussi, elle dut contenir sa tristesse lorsqu’elle quitta le navire  une heure plus tard, en laissant le jeune Kaname face à sa nouvelle carrière tant désirée. Ils déchargèrent ensemble les conteneurs du bateau, les déposant lentement sur les plateformes des Iwajin à cet effet.

« J’espère que l’on se reverra, Megumi. J’ai été ravi de te rencontrer ! Merci pour tout.

- Je t’en prie, ce n’était rien. Si jamais tu trouves un trésor, je réclame vingt pour cent du butin, ne l’oublie pas ! » termina-t-elle avec humour.

Le garçon reprit son chemin en direction des  mers, tandis que la jeune femme suivit les Shinobis d’Iwa en tentant de ne pas montrer sa petite tristesse. Elle n’aimait pas les sentiments faibles tels que le chagrin, alors elle se devait toujours de se montrer forte et imperturbable. Au fond, elle n’aimait tout de même pas être séparée de ses amis, quand bien même elle les avait rencontrés il y a seulement quelques jours.  Par conséquent, elle occupa son esprit en aidant ces valeureux Ninjas à transporter le restant des caisses jusqu’à une mine à proximité. On lui offrit un thé vert pour la remercier, avant de lui demander de bien vouloir les suivre jusqu’aux portes du village caché de la roche afin qu’elle puisse récupérer sa rente monétaire.  Avant cela, on lui permit de récupérer un peu durant cette nuit, en la logeant gratuitement dans une auberge à proximité. Megumi s’étonna de ce geste généreux de la part d’un pays assez ferme que celui de la Terre. Néanmoins, elle n’eut aucune raison de s’en plaindre. Après avoir payé quelques pintes de bières en compagnie des autres ivrognes du coin, elle s’en alla se reposer au pays des rêves… ou plutôt, celui des cauchemars. Une fois de plus, un voile noir oppressant la dévorait de l’intérieur. Elle revoyait encore et encore ces images de guerre dans lesquelles ses proches étaient sujets à une mort toujours aussi certaine. Elle luttait ardemment contre ses propres ténèbres, mais elle ne parvenait toujours pas à trouver le moyen de les éradiquer.

FIN DE LA MISSION




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MessageSujet: Re: A l'eau, matelot ! Et même en état grippal. [MISSION Rang B][TERMINEE]   Ven 1 Mai - 10:23



Attention,

Je te hais, j'ai perdu ma première correction ! Bon tout d'abord, je n'arrive pas à déterminer si tu te relis ou non. La qualité et la quantité sont présentes, mais les fautes sont des erreurs d'inattention qui laissent penser que tu ne t'es pas relu. Si c'est le cas je t'encourage à le faire. Il y a néanmoins peu de fautes comparé à la quantité.




Positif,

Très beau rp, peu de fautes, des descriptions pertinentes, un dialogue fluide, une belle imagination et une aventure palpitante. Bref, tout ce que j'aime dans un rp o/.




Négatif,
Attaquons la partie un peu moins drôle. Tu as oublié des accents par endroit, par exemple "a" et "à", je ne doute pas que tu connaisses la règle, mais ça fait partie des erreurs d'inattention dont je t'ai parlé. J'ai également observé des erreurs de ponctuation, tu mets des virgules devant "et" et n'en met pas derrière "cependant". Il y a également de rares fautes de conjugaison telle que "des responsabilités lui manquait". De très rares répétitions qui pourraient être évitées.



PE total = ( 13498/1200 ) * ( 16 ) * (1) =  194 PE + 390 RYOS


Bonus mission compris

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Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: A l'eau, matelot ! Et même en état grippal. [MISSION Rang B][TERMINEE]   

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A l'eau, matelot ! Et même en état grippal. [MISSION Rang B][TERMINEE]

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